J'en ai marre de me taire mais je ne veux pas crier pour autant.
Mymoi
2/13/20263 min read


Il y a une fatigue dont on ne parle pas souvent.
Ce n’est pas la fatigue du corps.
Ce n’est pas celle du manque de sommeil.
C’est la fatigue de se taire.
Celle qui arrive quand on retient trop longtemps ce qu’on pense.
Quand on filtre chaque phrase avant de la prononcer.
Quand on choisit encore et encore le silence pour éviter une tension.
Pendant des années, me taire m’a semblé être la solution la plus sûre.
La plus raisonnable.
La plus mature.
Combien de fois me suis-je dit : “Ce n’est pas grave.” Alors que ça l’était.
Aujourd’hui, je peux te l’avouer. J’en ai marre de me taire.
Mais je ne veux pas devenir une femme qui crie pour être entendue.
Je veux juste apprendre à m'exprimer sans trembler.
L’usure invisible.
Se taire ne fait pas mal sur le moment. Au contraire, ça évite l’inconfort immédiat.
Mais à l’intérieur, quelque chose s’use.
Je me surprends à être irritable sans raison claire.
À ressentir une distance dans mes relations.
À accumuler de petites frustrations qui deviennent lourdes.
Parce que chaque fois que je décide de me taire, je m’abandonne un peu.
Je laisse passer une remarque qui m’a blessée.
Je fais semblant d’être d’accord.
Je dis “ce n’est rien” alors que ça compte.
Et le plus dur… c’est que personne ne voit cet effort.
Vouloir préserver les autres à tout prix.
Je me suis rendu compte que je me tais souvent pour protéger l’équilibre autour de moi.
Je veux éviter une dispute.
Je veux garder l’harmonie.
Je veux que tout reste fluide.
Alors je prends sur moi. Mais en réalité, en cherchant à préserver tout le monde, je me mets moi en déséquilibre.
Ce silence que je crois généreux devient une forme de renoncement. Et plus je me tais, plus j’ai l’impression que ma parole perd de la valeur.
Le mythe de la femme “facile à vivre”.
On m’a souvent fait comprendre, sans le dire clairement, qu’être agréable était une qualité.
Ne pas faire de vagues.
Ne pas compliquer les choses.
S’adapter.
Alors j’ai associé le fait de me taire à la maturité.
Comme si exprimer un désaccord était immature.
Comme si avoir des besoins créait des problèmes.
Mais ce n’est pas vrai.
Ce qui crée des tensions profondes, ce n’est pas la parole.
C’est l’accumulation du non-dit.
Parler n’est pas créer un conflit.
Il m’a fallu du temps pour comprendre que le conflit ne naît pas parce qu’on parle. Il naît souvent parce qu’on a trop attendu pour le faire.
Quand on se tait pendant des mois, parfois des années, la parole sort brusquement, chargée, maladroite.
Dans mon esprit, il n’y avait que deux options :
Me taire et rester la fille gentille.
Parler et devenir celle qui dérange.
Donc, je choisissais le silence.
Alors que si j’avais parlé plus tôt, plus simplement, les choses auraient été plus légères, plus claire et compréhensible.
Dire calmement ce que je ressens au moment où ça se passe m'aurais évité bien des remords.
Mais je ne voulais pas être agressive. Je ne voulais pas blesser.
Choisir des mots au lieu du silence.
J’ai commencé à faire quelque chose de nouveau.
Quand une situation me dérange, je me donne un délai court.
Je me demande : “Est-ce que je veux vraiment me taire… ou est-ce que j’ai peur ?”
Si c’est la peur qui parle, j’essaie d’exprimer au moins une phrase. Une phrase suffit parfois à changer toute une dynamique.
“Je ne suis pas totalement à l’aise avec ça.”
“J’aurais besoin qu’on en reparle.”
“Ce point est important pour moi.”
Ce ne sont pas des déclarations dramatiques. Ce sont des ajustements.
Et à chaque fois que je choisis les mots plutôt que le silence, je ressens une satisfaction que je ne saurais décrire et qui m'encourage à recommencer.
S’exprimer, ce n’est pas exploser. Ce n’est pas dominer. Ce n’est pas écraser.
C’est honorer ce que je ressens.
Et ma douceur n’est pas incompatible avec ma force.
Ta voix peut être calme et solide.
Tu n’as pas besoin de transformer ta personnalité pour arrêter de te taire.
Tu n’as pas besoin de devenir bruyante. Ni tranchante. Ni dure.
Ta parole peut être posée, réfléchie, mesurée.
Mais elle mérite d’exister.
Le silence permanent n’est pas une preuve de force.
Parfois, c’est juste une habitude qu’on n’a jamais remise en question.
Aujourd’hui, j’apprends à choisir mes mots avant que la frustration ne choisisse pour moi.
Et toi…
Qu’est-ce que tu continues à taire alors que ça te fatigue profondément ?
Écris-le-moi en commentaire.
Juste mymoi
Etre introvertie, n'empêche ni l'ambition, ni l'amour, ni d'être soi.
Contact
Newsletter
contact@justemymoi.com
© 2024. All rights reserved.